ARTISTE / Frédéric POMPEANI
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Frédéric POMPEANI

EXTRAIT D'UN ENTRETIEN AVEC CAROLINE FILLIETTE / MAGAZINE PERSONA 2024

Les personnages de tes tableaux

semblent souvent inquiets, hébétés,

effrayés, parfois étrangement béats

et souriants. Mais on ne sait jamais

pour quelles raisons, ni d’où viendrait

le danger potentiel en hors-champs.

On pense aux ambiances des films de

David Lynch ou Hitchcock. As-tu des

histoires précises en tête ?

J’essaie de ne pas rester sur une façade

mais de montrer quelque chose de plus

profond dans le regard, l’attitude et ’essaie de faire ressortir l’ambiguïté.

J’aime bien ne pas savoir ce que ressent

le personnage que je peins, s’il est

joyeux, triste, ou un mélange des deux.

Il peut y avoir une histoire, mais à

l’arrivée ce ne sera pas forcément la

même qu’au départ. J’ai une très grande

admiration pour le cinéma de genre et

particulièrement pour Brian De Palma

avec, en tête Phantom of the Paradise

qui a eu une résonance particulière

pour moi.

Dans la série Diplomates, on retrouve

des têtes connues (Elvis Presley, Kirk

Douglas, Dean Martin). Ces tableaux

sont burlesques et angoissants.

Cette série représente vraiment

l’ambiguïté de l’être humain. Il y a des

jeux de regards entre les personnages,

j’essaie de mettre en avant quelque chose

de pas clair dans leurs rapports, de l’ordre

de la moquerie. J’aime aussi le côté

pantin, marionnette, manipulation : c’est

un reflet de l’humanité qui me fascine

complètement. Je souhaitais peindre une

scène avec des personnages qui peuvent

être mal à l’aise et que le spectateur ne

sache pas trop qui s’amuse réellement ou

non, qui est le dindon de la farce.

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