Zéphir (son deuxième prénom) est né en 1992. Fraîchement diplômé de l’école Estienne, il participe à diverses revues et collectifs avant de signer, à 21 ans, un premier livre déjà éminemment personnel. Tiré de son projet de fin d’études, Le Grand Combat (Futuropolis, 2014), distille quelques notions déjà essentielles pour l’auteur : le questionnement sur la place qu’il nous faut trouver en ce monde, sur l’acceptation des vicissitudes de la vie et celles qu’il faut combattre.

L’ouvrage fait preuve d’une sensibilité rare, laisse le regard trouver son propre rythme. Dans le même temps, il affiche une sorte d’incapacité à se contenter d’un mode d’écriture plastique unique et donne le tournis, déployant une appétence folle pour les expériences quant au signe, au trait, à la matière. Bien plus tard, on comprendra qu’il ne s’agissait guère d’un choix : « J’alterne entre la ligne et la matière. Je me cherche en tant que dessinateur entre ces deux pôles. J’aimerais avoir l’évidence d’une révélation pour ”mon” outil. »

À l’instar de quelques-uns des artistes l’ayant marqué au fil du temps, Zéphir donne l’impression de prendre à rebrousse-poil tout ce qui ressemble à un chantier trop balisé.

Plus précisément : tout n’est pas forcément pré-établi lorsqu’il se lance dans le travail, et la curiosité et l’aperception semblent faire figure de boussole principale : le spontané, l’instinct, l’accident sont au cœur de son protocole créatif : « Je me lance sur la page avec une intuition plus qu’une vision définie, presque instantanément trahie par ce qui surgit. Je poursuis au risque de ruiner l’équilibre laborieusement obtenu et, quasi systématiquement, je le ruine. J’espère un jour ne plus avoir à commencer par rater un dessin pour pouvoir m’y lancer librement ensuite. »

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