Wagner / ARTIST / Sato SATORU

Au commencement, Sato fonde son travail sur des oppositions d’aplats chromatiques aux formes rigoureuses. Le plus souvent le carré, symbole de perfection, fait écho à l’architecture japonaise où le moya est le cœur du bâtiment.

En 1976, il commence par entourer la toile d’une structure de bois ou rythme ses surfaces peintes avec des baguettes posées asymétriquement. Cette première étape débouche sur la création de tableaux en relief. L’artiste abolit ensuite partiellement la toile, laissant place au vide, qui devient un élément central de ses réflexions.

Plus tard, il développe un nouvel axe de réflexion autour de la notion de verticalisme. Son utilisation de matériaux bruts, tels la toile laissée nue, le bois ou encore le métal. Traités dans une palette réduite, et sa conception de constructions intermédiaires, à mi-chemin entre la peinture et le relief, ont mené Satoru Sato à la sculpture proprement dite et à une réflexion sur l’intégration de l’art dans l’environnement.

« Le recours à l’abstrait est dorénavant l’immanquable tremplin pour aller plus loin dans le parcours de la conscience. Il ne s’agit plus de représenter le banal objet du désir, mais le désir lui-même, sa force et sa frayeur, la violence de son élan et ses mystères lents, tout ce que la géométrisation des émotions donnerait l’illusion de maîtriser.

Dans ces régions, les pouvoirs régulés de l’abstrait sous-tendent une aspiration plus conquérante, un désir dont la fente sexuée n’aurait été que le prétexte, en d’autres termes, le passage premier : en somme, l’ensemble de l’œuvre de Satoru Sato, bâtie globalement sur la verticalité, dévie de la quête du passage. (…) Nourrie par une riche énergie intérieure, ascétique sans froideur, audacieuse sans tapage, aujourd’hui parvenue à maturité, l’œuvre de Satoru Sato ne cherche plus le passage, elle est le passage. »

Gérard Xuriguera

Extrait de la préface de « Satoru. 1969-2001 » Paris. 2001

Sato SATORU